
31 nuits d'Halloween : un film d'horreur par soir en octobre
Un film par soir, du 1er au 31 octobre. Le programme part des fantômes et du folklore, traverse l'isolement, les cassettes maudites et les possessions, et se termine la nuit qui donne son nom au calendrier. Chaque film est là pour une raison précise, donnée sous son titre, avec un avertissement quand il le faut. Chaque carte indique les services de streaming où le film est disponible ; la fiche du film ajoute les éditions physiques quand nous les suivons.
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Nuit 1 · jeudi 1er octobre
Le 1er octobre 1968, un film en noir et blanc tourné près de Pittsburgh était présenté pour la première fois au Fulton Theater de la ville, et changeait la définition du mort-vivant. Sept inconnus barricadés dans une ferme, une menace qui arrive en nombre, et des survivants plus dangereux entre eux que les morts : la grammaire que le genre recopie depuis. Duane Jones y tient le premier rôle, un héros noir en tête d'affiche, chose rare dans le cinéma américain de 1968.
Pourquoi ce soir : on ouvre là où commence l'horreur moderne, le jour anniversaire de sa première.

Nuit 2 · vendredi 2 octobre
Une maison plongée dans l'obscurité, deux enfants qui ne supportent pas la lumière du jour, une mère qui fait respecter les règles : chaque porte doit être fermée avant d'ouvrir la suivante. Alejandro Amenábar fait de la visibilité elle-même une menace, et tirer les rideaux devient un geste de survie.
Pourquoi ce soir : l'entrée la plus douce dans le mois. Une peur diffuse, très peu de choses montrées.

Nuit 3 · samedi 3 octobre
Une femme rouvre l'orphelinat de son enfance, et son fils se met à parler à un ami que personne d'autre ne voit. Premier long métrage de J. A. Bayona, produit par Guillermo del Toro, le film fait tourner la mécanique classique de la maison hantée, puis se termine dans un endroit bien plus douloureux que la peur.
Pourquoi ce soir : une histoire de fantômes qui fait peur, puis qui fait pleurer.
Avertissement : disparition d'enfant.

Nuit 4 · dimanche 4 octobre
Une adaptation non autorisée de Dracula : la veuve de Bram Stoker obtint en justice la destruction des copies. Certaines ont survécu, et le comte Orlok avec elles. Plus d'un siècle plus tard, la silhouette de Max Schreck sur l'escalier appartient à la mémoire du cinéma, même chez ceux qui n'ont jamais vu le film en entier.
Pourquoi ce soir : regarder la source avant ses innombrables réemplois. Tard, lumières éteintes, dans une bonne restauration.

Nuit 5 · lundi 5 octobre
Le savant, la créature, le laboratoire sous l'orage. En soixante-dix minutes, James Whale a fixé pour toujours l'image du monstre : Boris Karloff porte le visage que Jack Pierce, maquilleur en chef d'Universal, lui a construit, et joue une créature plus perdue que menaçante.
Pourquoi ce soir : le mythe fondateur, raconté vite et sans cynisme.

Nuit 6 · mardi 6 octobre
Hill House, un chercheur, quelques invités choisis pour leur sensibilité au paranormal. Robert Wise construit sa terreur presque entièrement avec le son et les réactions des personnages : la maison paraît plus vaste que toutes les pièces qu'on nous montre. À ne pas confondre avec le remake de 1999.
Pourquoi ce soir : ralentir et laisser les murs travailler.

Nuit 7 · mercredi 7 octobre
Un sergent de police très croyant part sur une île écossaise isolée pour retrouver une fillette disparue, et découvre une communauté dont il ne sait pas lire les rites. Écrit par Anthony Shaffer, avec Christopher Lee en Lord Summerisle, c'est là que commence le folk horror, et la fin tient toujours. Pas le remake de 2006.
Pourquoi ce soir : le folklore ouvre le mois vers une peur en plein jour.
Avertissement : nudité.

Nuit 8 · jeudi 8 octobre
Nouvelle-Angleterre, années 1630 : une famille puritaine bannie de sa colonie s'installe en lisière de forêt. Le premier long métrage de Robert Eggers tire une grande partie de ses dialogues d'écrits d'époque, et laisse la menace circuler autant dans les paroles de la famille qu'entre les arbres. Et il y a un bouc qu'on n'oublie pas.
Pourquoi ce soir : une terreur lente et austère, pour ouvrir une semaine d'isolements.
Avertissement : mort d'un nourrisson (suggérée), nudité.

Nuit 9 · vendredi 9 octobre
Trois étudiants en cinéma entrent dans les bois du Maryland pour tourner un documentaire sur une légende locale. On a retrouvé leurs bandes, pas eux. Le film fait de l'absence d'image une stratégie : la caméra enregistre surtout ce qu'elle ne peut pas expliquer, et une moitié du monde a cru regarder des images réelles.
Pourquoi ce soir : une nuit pour éprouver la peur par le son.
Avertissement : caméra très mobile.
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Nuit 10 · samedi 10 octobre
Une équipe de télévision suit des pompiers dans un immeuble de Barcelone, et l'immeuble est bouclé derrière eux. Tourné presque entièrement du point de vue de la caméra du reportage, le film promet l'accès au réel, puis fait de chaque étage la limite de ce que l'objectif peut saisir. Le found footage ne fait pas plus serré.
Pourquoi ce soir : accélérer brusquement le rythme du mois.
Avertissement : gore, caméra très mobile.

Nuit 11 · dimanche 11 octobre
Six amies partent explorer un réseau de grottes qui ne figure sur aucune carte. Avant que quoi que ce soit n'apparaisse, l'espace lui-même a déjà fermé toutes les issues : les parois se rapprochent, la lumière raccourcit. Neil Marshall sait exactement combien d'obscurité un public peut supporter.
Pourquoi ce soir : pour ceux qui supportent déjà mal les espaces clos. Vous êtes prévenus.
Avertissement : violence, gore, claustrophobie.

Nuit 12 · lundi 12 octobre
Un équipage de remorqueur commercial est réveillé avant l'heure pour répondre à un signal venu de nulle part. Ridley Scott fait d'un lieu de travail un piège : couloirs, procédures et décisions collectives deviennent les meilleurs alliés de l'ennemi, cloison après cloison.
Pourquoi ce soir : l'isolement passe dans l'espace, la veille d'une base antarctique.
Avertissement : violence.

Nuit 13 · mardi 13 octobre
Une station de recherche en Antarctique, douze hommes, et quelque chose qui peut prendre la forme de n'importe lequel d'entre eux. John Carpenter détruit la confiance avant même que la créature ait besoin de se montrer : tout le film devient un test que personne n'est sûr de réussir.
Pourquoi ce soir : une séance collective où chacun soupçonne chacun. Et un film qui mérite une place sur l'étagère.
Avertissement : gore, horreur corporelle.

Nuit 14 · mercredi 14 octobre
San Francisco, et les gens que vous aimez sont presque eux-mêmes. Le remake du classique de 1956 par Philip Kaufman fait de la copie presque parfaite la chose la plus effrayante qui soit : elle rend l'intimité suspecte, un voisin après l'autre.
Pourquoi ce soir : au lendemain de The Thing, un autre problème d'imitation, cette fois au cœur d'une ville.

Nuit 15 · jeudi 15 octobre
Une femme en fuite s'arrête dans un motel au bord de la route, en contrebas d'une maison sur la colline. Alfred Hitchcock déplace le centre du récit à l'instant précis où le spectateur croit savoir qui suivre. Les images célèbres ne sont que la moitié du choc ; la structure en est l'autre.
Pourquoi ce soir : retrouver le choc narratif derrière des images que tout le monde connaît.
Avertissement : violence.

Nuit 16 · vendredi 16 octobre
Cinq jeunes sur une route secondaire du Texas, une maison isolée, une famille. Le film a été vendu comme une histoire vraie ; il ne l'était pas. L'œuvre de Tobe Hooper donne l'impression d'un document qu'on n'aurait pas dû voir, et sa brutalité dépasse souvent ce que la caméra montre vraiment : le son et le montage terminent le travail.
Pourquoi ce soir : la semaine devient abrasive.
Avertissement : violence, séquestration.

Nuit 17 · samedi 17 octobre
Une étudiante vétérinaire végétarienne en première année, une semaine de bizutage, et un premier goût de viande. Le premier long métrage de Julia Ducournau, révélé à la Semaine de la critique à Cannes, raconte un passage à l'âge adulte par la chair, avec une maîtrise étonnante pour un premier film.
Pourquoi ce soir : l'horreur française, avant Titane.
Avertissement : cannibalisme, gore.

Nuit 18 · dimanche 18 octobre
Une série de meurtres frappe des adolescents qui connaissent déjà toutes les règles des films d'horreur. Wes Craven fait de ce savoir un ressort dramatique plutôt qu'une protection : connaître les règles ne garde personne en vie. Pas le film de 2022.
Pourquoi ce soir : une respiration joueuse au milieu du mois. Une respiration qui mord.
Avertissement : violence.

Nuit 19 · lundi 19 octobre
Une doctorante qui étudie les légendes urbaines en suit une jusqu'à la cité de Chicago où on la raconte encore. Bernard Rose traite la répétition d'un nom comme la manière dont se transmet une peur collective : le dire cinq fois devant le miroir, ou mieux, s'abstenir. Pas le film de 2021.
Pourquoi ce soir : voir une rumeur prendre corps. Et un sérieux candidat pour l'étagère.
Avertissement : violence, gore.

Nuit 20 · mardi 20 octobre
Une cassette vidéo, un coup de téléphone, sept jours. Adapté du roman de Kōji Suzuki, le film de Hideo Nakata place la copie au cœur de la malédiction : transmettre l'image devient une façon de survivre. Il a lancé la vague de l'horreur japonaise en Occident, et une cassette maudite est ce que The Last Tape a de plus proche d'une histoire de famille.
Pourquoi ce soir : le film le plus proche de notre obsession des supports. The Ring demain.

Nuit 21 · mercredi 21 octobre
Une journaliste remonte la piste d'un enregistrement associé à une série de morts. Le remake de Gore Verbinski suit Ringu de près, et c'est précisément ce qui le rend intéressant : vues l'une après l'autre, les deux versions montrent ce que devient un même objet quand il traverse un marché et une langue.
Pourquoi ce soir : au lendemain de Ringu, pour comparer la façon dont une malédiction voyage.

Nuit 22 · jeudi 22 octobre
Deux sœurs reviennent dans la maison familiale, auprès d'un père absent et d'une belle-mère inquiétante. Inspiré d'un conte populaire coréen, le film de Kim Jee-woon est pensé jusqu'au papier peint, et demande à être vu deux fois : la seconde, tout change de sens.
Pourquoi ce soir : la semaine des possessions s'ouvre sur une maison qui possède ses occupants.
Avertissement : violence, maltraitance familiale.

Nuit 23 · vendredi 23 octobre
Un veuf organise une fausse audition pour se trouver une nouvelle épouse. Adapté du roman de Ryū Murakami, le film de Takashi Miike se présente pendant une heure comme un drame sentimental calme et mélancolique. Puis tout bascule. À aborder en sachant le moins possible.
Pourquoi ce soir : le changement de registre le plus brutal de la série.
Avertissement : torture, mutilation. Pour un public qui sait ce qu'il choisit.

Nuit 24 · samedi 24 octobre
Une mère voit sa fille changer, et cherche de l'aide d'abord auprès des médecins, puis des prêtres. William Friedkin accorde à la recherche d'explications tout le temps nécessaire, et c'est précisément pour cela que le basculement vers le rite frappe si fort.
Pourquoi ce soir : la pièce centrale de la semaine des possessions, un samedi soir.
Avertissement : scènes intenses, images perturbantes.

Nuit 25 · dimanche 25 octobre
Dans un village de montagne, une série de morts et de comportements étranges fait naître des explications contradictoires. Dans le film de Na Hong-jin, chaque tentative de résoudre le mystère ajoute un intermédiaire et éloigne un peu plus la certitude, pendant deux heures et demie.
Pourquoi ce soir : une longue séance de dimanche, pour accepter de ne pas tout maîtriser.
Avertissement : violence, gore.

Nuit 26 · lundi 26 octobre
Une danseuse américaine arrive dans une académie de danse de Fribourg-en-Brisgau, un soir d'orage. Dario Argento se sert des couleurs primaires comme d'une arme et de la musique de Goblin comme d'une seconde bande-son de l'angoisse : le bâtiment devient suspect bien avant que son secret ait un nom. Pas le remake de 2018.
Pourquoi ce soir : une nuit où l'image prend le dessus. Le plus fort possible, sur le plus grand écran disponible.
Avertissement : violence graphique.

Nuit 27 · mardi 27 octobre
Après la mort de la grand-mère, une famille découvre ce qu'elle lui a légué. Le premier long métrage d'Ari Aster glisse du drame familial vers l'épouvante totale, et les maisons miniatures que construit le personnage de Toni Collette invitent à voir chaque pièce comme un espace déjà organisé par une autre volonté.
Pourquoi ce soir : une soirée éprouvante sur ce que les familles transmettent.
Avertissement : mort d'un enfant, images choquantes.

Nuit 28 · mercredi 28 octobre
Après une relation d'un soir, une jeune femme est suivie par quelque chose qui marche vers elle, lentement, et change d'apparence. Ça marche toujours, ça ne court jamais. Les cadres larges de David Robert Mitchell obligent à surveiller les silhouettes ordinaires au fond de l'image, et la musique de Disasterpeace fait le reste.
Pourquoi ce soir : à regarder sans téléphone. Les arrière-plans comptent.
Avertissement : nudité, violence.

Nuit 29 · jeudi 29 octobre
Un gardien d'hiver s'installe avec sa femme et son fils dans un hôtel de montagne fermé pour la saison. Les couloirs de Stanley Kubrick durent plus longtemps qu'ils ne devraient, et prolongent une histoire que les occupants ne contrôlent pas.
Pourquoi ce soir : la montée finale, dans un espace devenu labyrinthe.
Avertissement : violence, menace au sein du foyer.

Nuit 30 · vendredi 30 octobre
Quatre histoires se croisent pendant une même nuit d'Halloween, dans une même ville, sous l'œil d'une petite silhouette au masque de toile qui fait respecter les règles. Michael Dougherty fait circuler des détails d'un récit à l'autre, comme si la fête elle-même montait le film.
Pourquoi ce soir : le 30 octobre, installer costumes et règles avant la dernière nuit.
Avertissement : violence, gore modéré.

Nuit 31 · samedi 31 octobre
Haddonfield, 31 octobre. Un homme revient dans sa ville natale et se met à suivre une lycéenne. John Carpenter laisse le masque attendre au fond du cadre pendant que la vie ordinaire continue au premier plan, et signe l'un des thèmes musicaux les plus simples et les plus efficaces du genre. Pas les films de 2007 ou 2018.
Pourquoi ce soir : évidemment, la série finit ici, la nuit qui donne son nom au calendrier.
Avertissement : violence.
Cinq semaines, trente et un films, de 1922 à 2018 : les silhouettes fondatrices de Nosferatu et Frankenstein, les films européens et asiatiques qui ont renouvelé le genre, et les classiques américains qui en ont fixé les règles. Les disponibilités changent chaque semaine : consultez la fiche du film avant de lancer la séance, elle indique où il est disponible et quelles éditions chercher.