

Men
Le mâle engendre le mal
Une femme en deuil se réfugie dans un village anglais isolé pour échapper à son passé traumatique. Là, elle découvre que les hommes du lieu—tous incarnés par la même présence protéiforme—incarnent une menace ancestrale qui se manifeste sous des formes de plus en plus troublantes. Entre réalité et cauchemar, elle affronte une force qui semble puiser dans les mythologies oubliées et les pulsions archaïques. Garland tisse un hymne hallucinatoire où l'horreur devient métaphore incarnée.
Le pari de Garland avec *Men* consiste à transformer le folk-horror en allégorie du trauma féminin sans jamais quitter le registre du grotesque incarné. Là où le sous-genre cultive habituellement un malaise par l'accumulation de rituels ou de forces telluriques, Garland impose au contraire un seul corps (celui de Rory Kinnear) morphing dans tous les rôles masculins de la vallée — une stratégie qui abolit la complexité folklorique au profit d'une représentation presque expressionniste du refus patriarcal. La technique du digital morphing crée une inquiétude différente de celle qu'auraient générée des acteurs distincts : l'unité du visage déformé pose la question du cinéma post-humain appliqué au thème du groupe oppresseur. C'est ambitieux, techniquement maîtrisé, et profondément diviseur — certains y voient une rupture nécessaire avec le folk-horror template, d'autres une dilution de la spécificité du genre en faveur d'une métaphore monolithique.
- Format d'origine
- Digital
- Ratio
- 1.85:1
- Durée d'origine
- 100 min
- Son
- Dolby Atmos
- Procédé colorimétrique
- Color
D'Alex Garland. Tourné dans le Gloucestershire et le Forest of Dean.











